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Lire, écrire… et se reconstruire
Dans un monde où tout s’accélère, prendre le temps de lire ou d’écrire peut sembler secondaire, voire dérisoire. Pourtant, ces deux pratiques sont parmi les plus puissants leviers de transformation intérieure, de clarification et de développement professionnel. Elles invitent à une forme de présence à soi qui devient, pour plusieurs, le point d’ancrage permettant d’avancer avec lucidité dans leur parcours de vie et de carrière.
Depuis quelques années, je me spécialise dans l’intervention de crise en entreprise. J’accompagne des employés, des équipes et des gestionnaires traversant des événements difficiles et souvent traumatisants, tels que des crises suicidaires, des licenciements, des accidents de travail, des agressions. Je transforme ces situations complexes en un véritable levier pour les personnes que j’aide.
J’ai remarqué une constante : ce sont souvent les mots qui ouvrent la voie au changement. Pas les grands discours, mais les phrases qu’on lit au bon moment et celles que l’on ose enfin écrire.
Lire : une respiration qui remet en mouvement
Dans ma pratique d’intervenante trauma et de conseillère d’orientation, j’ai souvent vu comment un simple passage peut apaiser, normaliser ou offrir une perspective nouvelle. Mes clients me confient quotidiennement à quel point certains livres les ont accompagnés ou soutenus dans leur cheminement. Lire permet de ralentir suffisamment pour entendre ce qui se passe à l’intérieur — un préalable essentiel à toute décision de carrière ou à tout réajustement de vie.
Plus largement, la lecture sort les merveilleux humains que nous sommes de leur quotidien et de leur routine.
Lire et écrire permet de donner aux mots la place qui leur revient de plein droit.
Sans grande surprise, lire améliore le vocabulaire, le raisonnement, la concentration et la pensée critique. Des chercheurs vont même jusqu’à dire que cela stimule la perception sociale et l’intelligence émotionnelle. De plus, selon une étude de l’université du Sussex, la lecture réduit le niveau de stress de 68 % très rapidement. Un bon livre peut améliorer l’humeur et le bien-être. Aussi, la lecture nous sort de notre quotidien et de notre routine. Un club de lecture, une librairie, un salon du livre ou une bibliothèque sont autant de lieux et de moyens de rassembler les merveilleux humains que nous sommes et de créer des liens. La lecture provoque des rencontres extraordinaires, si on le veut et si on lui en laisse l’occasion.
Écrire : un acte de lucidité et de reconstruction
J’invite régulièrement les personnes que j’accompagne à écrire quelques lignes : leurs besoins, leurs limites, leurs peurs, leurs élans.
L’écriture révèle ce qui demande à être transformé. L’écriture a le pouvoir de rendre concret, tangible.
C’est aussi ce processus qui m’a guidée au cours de la rédaction de Douze mois, douze raisons de t’aimer (aux éditions l’Apothéose), un livre que j’ai écrit autant pour les autres que pour moi-même. Chaque chapitre m’a permis de revisiter mes propres repères, d’apprivoiser mes saisons intérieures et de mieux comprendre comment la douceur peut coexister avec la résilience.
Par contre, je le dis souvent : lire un livre de développement personnel ne suffit pas; ce n’est que le début du changement ! C’est lorsque l’on ose poser des actions concrètes que la transformation s’amorce réellement.
Des outils simples, mais puissants
Dans des parcours parfois marqués par l’urgence, l’épuisement ou l’incertitude professionnelle, lire et écrire deviennent des ancrages. Ces actions aident à :
- clarifier ce que l’on veut vraiment ;
- donner un sens aux émotions que l’on traverse ;
- prendre des décisions plus alignées ;
- se reconstruire après un événement bouleversant.
C’est aussi ce que je constate sur le terrain, que ce soit dans un bureau, en intervention auprès d’équipes ou en contexte post-événement : les mots soutiennent le mieux-être autant que les stratégies.
En fin de compte, les mots sont des repères
Les mots nous ramènent à nous-même. Ils tissent un fil entre ce que l’on vit, ce que l’on comprend et ce que l’on devient. Et souvent, le premier pas vers un mieux-être durable — ou vers une carrière plus alignée — commence par une page tournée ou par une page écrite.
Conclusion
Les mots ont ce pouvoir discret mais immense : ils soutiennent, éclairent, transforment. La lecture et l’écriture, lorsqu’elles sont cultivées avec douceur et intention, deviennent des alliées du mieux-être et du développement de carrière.
Dans l’accompagnement, comme dans la vie, ces deux activités rappellent que chaque chemin commence par un premier mot.
* Dans le but d’alléger le texte et d’en faciliter la lecture, le générique masculin est utilisé comme genre neutre


