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Déstresser
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Pour déstresser; plus ou autrement?

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Afin de contrer l’anxiété et le stress, la grande tendance actuelle est de proposer des techniques comme la méditation, le yoga ou le Thaï chi. Toutes ces techniques sont dans l’ensemble pertinentes et efficaces sauf qu’elles impliquent toujours l’ajout d’une activité, généralement dans un horaire déjà surchargé. En somme, toutes ces techniques sont de nature quantitative : durée d’une séance, longueur d’un cycle par exemple un semestre, nombre de séances/semaine, etc. Paradoxalement, ces techniques « qui ajoutent » ont comme finalité de réduire le rythme et de lâcher prise! 

Lors de la revue de littérature scientifique en vue de développer le Paradigme du maintien (Limoges, 2001), il est devenu évident que les risques de stress –voire de détresse– et éventuellement d’épuisement (burnout) augmentent significativement lorsque l’ensemble des activités d’une journée sont conditionnées par le tempsla performance et le rendement. Alors y ajouter une séance de relaxation ne fait qu’empirer cette surcharge et qu’augmenter ce stress! 

Alors, un 180 degrés s’avère nécessaire comme opposer au temps un contretemps comme le propose Pineau. Ici, le contretemps fait référence aux autrements et fait appel à des repositionnements et des recadrages donc à des pratiques qualitatives associées au tenir-prise. 

Si le temps fait référence à l’organisation, à la logique, à la séquence chronologique, au rendement et à tout ce qui est géré par le cerveau gauche, le contretemps mise sur le non-structuré, la globalité, l’intuition, l’irrationnel, le ludique, les métaphores et les rêveries donc mobilise le cerveau droit. Là c’est le dieu Chronos qui règne alors qu’ici c’est le domaine du dieu Kaïros. 

En synchronisant les temps et les contretemps, on obtient une régulation interactive et systémique entre la charge et la décharge, entre la tension et la « détension », entre le tenir-prise et le lâcher-prise. Tel est l’essence du paradigme du maintien!  

Un très bel exemple de ce type de gestion « autrement » est la Marche afghane. Elle consiste à varier la longueur de ses pas selon la déclivité du terrain (plus le terrain est montant, plus le pas est court) et à coordonner avec son rythme de marche ses inspirations et expirations. Par exemple, sur un terrain plat, la séquence pourrait être : a) inspiration sur 3 pas ; b) maintien des poumons pleins sur le quatrième pas ; c) expiration sur 3 pas et d) maintien des poumons vides sur le dernier pas. Puis reprise de ce cycle. En somme, aucun ajout d’activités ; seulement une autre façon de faire ce qui se fait déjà! Ainsi, les conducteurs des caravanes afghanes peuvent faire, sans s’exténuer, 60 km par jour pendant une dizaine de jours et il fut démontré, entre autres, que ce type de marche réduit significativement le stress. 

 

Voici un exemple d’application : 

  1. Le matin, ouvrir son agenda, et survoler les diverses activités de toute la journée qui vient en incluant les sphères professionnelle et personnelle. 
  1.  Indiquer lesquelles de ces activités ou parties de ces activités que vous devez/souhaitez mettre sous la rubrique Temps pour diverses raisons : activité dont vous avez la responsabilité, décision importante à prendre, impact à long terme de cette décision, dossier vous concernant d’une manière ou d’une autre, etc. Cela signifie aborder ces activités ou parties d’activités avec rigueur, logique, cohérence, rendement et performance. Ici un produit/production est visé. 
  1. Conséquemment, toutes les autres activités ou parties d’activités iront sous la rubrique Contretemps pour diverses raisons : activités moins importantes, activités pouvant être reprises ailleurs ou sans réelles conséquences ou encore sans aucun impact à long terme, et ainsi de suite. Conséquemment, vous aborderez ces activités ou parties d’activités de manière intuitive et spontanée en faisant appel à votre pensée divergente, au ludique et à la métaphore. Ici, ce qui importe est le processus/process. Et comme le cerveau droit travaille de façon holiste et systémique, il suffit qu’à peine un tiers des activités ou parties d’activités soient en « contretemps »! 

Une journée combinant ainsi Temps et Contretemps apportera inévitablement son lot de fatigue et de stress mais ces symptômes seront grandement réduits et votre récupération se fera plus rapidement car tous les moments de Contretemps de la journée, si courts furent-ils, auront été autant de soupapes permettant l’évacuation des trop-pleins de fatigue, d’anxiété et de stress. En somme après une telle journée, la fatigue, l’anxiété et le stress seront « normal » et de l’ordre du gérable au quotidien parce que cette journée se sera déroulée en conformité avec le paradigme du maintien. 

Professeur au Département d’Orientation professionnelle de l’Université de Sherbrooke durant plus de 25 ans, le pédagogue a brillé d’originalité pour former ses étudiants, souhaitant non pas les cloner, mais bien les mettre au monde en tant que conseillers. Sa différence est devenue référence, comme en témoignent les prix qu’il a remportés, la vingtaine d’ouvrages qu’il a publiés et les ateliers de formation qu’il a animés sur le counseling de groupe et sur l’insertion professionnelle. Depuis 2001, il n’a de retraité que le nom puisqu’il demeure très actif comme professeur associé. De plus, le prolifique auteur n’a pas rangé sa plume et le réputé conférencier manie toujours le verbe avec autant de verve et d’à-propos.
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Professeur au Département d’Orientation professionnelle de l’Université de Sherbrooke durant plus de 25 ans, le pédagogue a brillé d’originalité pour former ses étudiants, souhaitant non pas les cloner, mais bien les mettre au monde en tant que conseillers. Sa différence est devenue référence, comme en témoignent les prix qu’il a remportés, la vingtaine d’ouvrages qu’il a publiés et les ateliers de formation qu’il a animés sur le counseling de groupe et sur l’insertion professionnelle. Depuis 2001, il n’a de retraité que le nom puisqu’il demeure très actif comme professeur associé. De plus, le prolifique auteur n’a pas rangé sa plume et le réputé conférencier manie toujours le verbe avec autant de verve et d’à-propos.