En début de carrière? Optez pour le présentiel (partie 2)
Marché du travail

En début de carrière? Optez pour le présentiel (partie 2)

Dans mon précédent article, j’abordais l’importance de travailler en personne plutôt qu’en mode virtuel pour développer un bon réseau de contacts lorsqu’on commence un nouvel emploi. Je vous présentais également une stratégie gagnante pour faciliter l’intégration, soit l’adaptation à la culture du nouvel employeur. Aujourd’hui, je vous propose d’autres stratégies, tout aussi gagnantes, pour bien intégrer son milieu travail, s’y développer, s’y épanouir et, si on veut, gravir les échelons!  Comme vous le verrez, toutes ces stratégies requièrent un réseau de contacts étendu et bien établi. 

Comprendre les attentes et les instructions 

Lorsqu’on commence un nouvel emploi, on établit avec ses gestionnaires les attentes et les objectifs à atteindre, mais il est fortement recommandé de leur demander de la rétroaction et d’en demander aux gens qui nous entourent. Plus vite on obtient de la rétroaction, franche et sincère, plus il est facile de corriger le tir et d’éviter de se retrouver en difficulté.

Lorsqu’on se trouve physiquement sur les lieux de travail, les collègues ont plus d’occasions d’observer nos actions et de reconnaitre certaines erreurs ou de proposer des méthodes de travail plus efficaces. 

Sans compter qu’il est beaucoup plus facile de s’adresser aux collègues avec qui on a déjà établi un contact qu’avec les personnes qu’on a entraperçues sur une petite fenêtre Zoom. De plus, les chances que les collègues détectent vos questionnements ou vos incertitudes, et puissent intervenir et vous soutenir avec bienveillance, sont plus grandes s’ils vous côtoient au travail que dans un contexte de télétravail. 

Rester calme  

Les gens se font souvent congédier parce qu’ils n’arrivent pas à contrôler leurs émotions. Au-delà des comportements inappropriés extrêmes (colères, pessimismes chroniques, commentaires désobligeants, etc.) qui sont indéfendables, il serait faux de prétendre que nous sommes tous toujours d’humeur égale. Celle-ci varie et elle peut être influencée par des éléments extérieurs ou intrinsèques. L’isolement occasionné par le travail à distance, notamment, peut avoir entraîné une baisse de motivation et de la morosité. L’incapacité de bien réaliser une tâche parce qu’on manque d’information pourrait aussi augmenter le niveau de stress, d’anxiété, et amener son lot de frustrations. L’avancement des connaissances quant aux impacts réels du télétravail sur l’état psychologique des employés est freiné par l’imposition rapide de ce mode de travail, justement, en raison de la pandémie, elle-même cause importante de stress. On peut cependant affirmer que pour une grande partie des professionnels, le travail à distance n’a pas que de bons côtés.

Les collègues sont souvent très efficaces pour relativiser ou dédramatiser une situation qui nous semble sans issue et, par le fait même, parviennent à nous calmer.
Selon l’Association canadienne pour la santé mentale « (…) nous avons besoin des autres. Il est souvent sous-estimé à quel point nous pouvons bénéficier du soutien d’autres personnes. Le soutien social peut nous aider à faire face à des épreuves ou à des échecs, à résoudre des problèmes, à améliorer notre estime de soi et même à gérer des problèmes de santé et de stress. » Évidemment, on peut trouver du soutien auprès de notre famille ou de groupes d’entraide, mais ces personnes ne connaissent pas notre milieu de travail ni les défis qu’il comporte. Des collègues sont probablement passés par les mêmes étapes que vous. Ils connaissent les enjeux et peuvent vous proposer des stratégies et des solutions concrètes. Les collègues sont souvent très efficaces pour relativiser ou dédramatiser une situation qui nous semble sans issue et, par le fait même, parviennent à nous calmer. 

Reconnaître le jeu politique de l’organisation 

Selon M. Ron Robertson, qui a fait carrière dans le domaine de la recherche de cadre, « toutes les organisations possèdent leurs propres règles politiques internes qui influencent la prise de décision et les façons de faire. Si pour plusieurs le jeu politique peut sembler négatif, il est tout simplement inévitable. Le jeu politique est aussi vieux que le monde et il constitue l’un des moyens les plus efficaces de faire avancer les choses. C’est vrai à la maison, au travail et dans la société en général. »   En considérant tout jeu politique comme néfaste, on ne fait que nier la réalité. Pour faire avancer ses dossiers, ce qui contribue positivement au sentiment de compétence et de bien-être au travail, il faut envisager le jeu politique comme un domaine où l’on doit exercer ses compétences.    

Or, pour devenir compétent dans ce domaine, il faut commencer par comprendre notre nouvelle organisation et ses réseaux d’influence. Plus notre réseau est grand, plus il comprend de collègues avec qui nous entretenons une relation de qualité, meilleure devient notre compréhension du jeu politique qui existe dans notre organisation. Cela permet d’identifier les personnes qui ont intérêt à ce que notre dossier progresse et peuvent nous aider. Cela aide aussi à identifier qui détient le pouvoir de faire changer les choses dans l’organisation ou qui peut influer sur leur cours en notre faveur. 

Se trouver des mentors 

Lorsqu’on arrive dans un nouvel emploi, il n’est pas évident de savoir vers qui se tourner pour avoir des conseils personnels. On hésite souvent à se confier à ses gestionnaires par peur de dévoiler sa vulnérabilité. Dans ce contexte, l’aide d’une personne qui agit à titre de mentor est très précieuse.   Il est conseillé de trouver une personne qui jouit d’une situation stratégique et qui est respectée dans l’organisation. Comment trouver cette personne dans un contexte de télétravail? Le mentorat requiert de la confiance, et celle-ci se développe forcément par la qualité des échanges préalables au jumelage.   

En tant que professionnel, vous aurez besoin de l’appréciation de vos gestionnaires et de vos collègues, laquelle dépendra nécessairement de la qualité du travail, de l’attitude, du comportement, mais aussi de la capacité à régler des problèmes et trouver rapidement des solutions. Ces deux derniers éléments contribuent fortement à l’obtention de la reconnaissance, élément clé dans le bien-être au travail. En appliquant les stratégies proposées, les nouvelles ressources professionnelles qui intègrent une organisation se donneront les meilleures chances de réussite. Comme nous avons démontré que l’utilisation de ces stratégies repose sur la quantité et la qualité des relations que les nouvelles recrues auront établies avec les collègues de travail, la question des conséquences du télétravail sur tout nouvel employé doit être posée. Vous me rétorquerez qu’il n’y a pas d’avantages à faire se déplacer ces nouveaux employés au bureau quand les autres collègues sont en télétravail une grande partie de la semaine… Bien au contraire! Si les nouveaux employés veulent rencontrer tout le monde, ils doivent justement se présenter au travail le plus souvent possible pour faire la connaissance du plus grand nombre. Par ailleurs, le fait que les collègues de travail sont moins nombreux au bureau au même moment facilitera la prise de contact avec chaque personne. 

Le télétravail et ses bienfaits pourront être intégrés plus tard, une fois qu’on aura développé son réseau, trouvé son mentor, identifié ses alliés et solidifié la relation de confiance avec ses gestionnaires. 

 

* Dans le but d’alléger le texte et d’en faciliter la lecture, le générique masculin est utilisé comme genre neutre. 


En début de carrière? Optez pour le présentiel (partie 1)

Titulaire d’une maitrise en développement des organisations, André Raymond CRHA est directeur du Service du développement professionnel de l’Université Laval (stages, emplois et formation tout au long de la vie) et président du conseil d’administration du CERIC. Il œuvre dans le domaine de l’employabilité depuis plus de 25 ans.
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Titulaire d’une maitrise en développement des organisations, André Raymond CRHA est directeur du Service du développement professionnel de l’Université Laval (stages, emplois et formation tout au long de la vie) et président du conseil d’administration du CERIC. Il œuvre dans le domaine de l’employabilité depuis plus de 25 ans.
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