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Le manque de confiance… est-ce un signe?
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Le manque de confiance… est-ce un signe?

Qui n’a pas eu la désagréable impression que les autres ont toujours confiance en eux et avancent dans la vie sans vivre doute ni angoisse? Qui n’a pas le sentiment d’être au contraire confronté à un manque de confiance chronique? À l’ère des réseaux sociaux, les occasions sont encore plus nombreuses de se comparer et de trouver que les autres avancent dans la vie sans hésiter. Et pourtant… pourtant, le manque de confiance en soi est souvent l’un des premiers éléments mentionnés par les clients lors d’une consultation en orientation.

À l’instar des superhéros qui n’ont peur de rien, on se demande maintenant d’avancer dans la vie sans avoir peur, sans angoisse. Ce qui est secrètement espéré : ne plus ressentir ces émotions désagréables qui nous font douter et, souvent, reculer devant les obstacles. L’orientation n’y échappe pas et se retrouve victime de plusieurs mythes qui ont la vie dure comme, par exemple : si je suis certain de mon choix, je ne devrais pas douter; si cet emploi est pour moi, je ne devrais pas avoir peur; si c’était fait pour moi, la confiance serait au rendez-vous, et ainsi de suite. La liste des mythes reliés à la confiance en soi est assez longue et entretient cette idée de la personne qui avance sans se remettre en question, qui a confiance en elle et en ses capacités et devant qui les obstacles tombent.

Bonne nouvelle : le manque de confiance se soigne. Mais contrairement à la croyance populaire, il n’est pas nécessairement un « signe » que quelque chose n’est pas pour nous.
En fait, notre cerveau peut être très habile à nous jouer des tours. Devant l’inconnu, la nouveauté, l’imprévisibilité, notre cerveau met en branle son arsenal de défense. Si en plus l’égo est menacé, c’est le branle-bas de combat (1Voir à ce sujet le site de Sonia Lupien, Ph.D., qui a développé l’acronyme CINÉ pour illustrer les agents stresseurs qui sont susceptibles d’être activés lorsque le stress s’invite dans nos têtes). L’équation dans notre cerveau est simple : j’ai peur = je ressens des choses désagréables = je fuis. Devant ces sensations et pensées désagréables, notre tête nous dit que notre niveau de confiance n’est pas assez élevé, d’où la fuite. Au final, l’autodiagnostic est le suivant : ce n’est pas pour moi puisque je ressens des émotions désagréables et que j’ai des pensées qui me confirment que n’ai pas assez confiance en moi pour avancer davantage.

Et si, au contraire, il y avait là quelque chose à explorer? À apprivoiser? Mylène Paquette, la navigatrice québécoise qui a fait la traversée de l’Atlantique Nord en 2013, mentionne avoir pensé abandonner son projet tous les jours et toutes les semaines de sa préparation pour son périple. Ainsi, si elle avait écouté ce que sa tête lui disait lors de ces (nombreuses) occasions, elle l’aurait sans doute laissé tomber par peur de ne pas y arriver, par manque de confiance, par peur de l’échec. Alors qu’au contraire, malgré ses discours intérieurs, elle a continué sa préparation et a persévéré dans son projet, avec le résultat escompté (et bien des obstacles surmontés). André Sauvé, l’humoriste, a bien résumé le dilemme en ces mots dans sa capsule humoristique 2 « What is fear » : « The way in is the way out ».

En d’autres mots, pour en sortir, vous devez d’abord « y entrer ». Apprendre à avancer, malgré la peur, malgré le manque de confiance et voir ce qui arrivera par la suite.

Le manque de confiance… est-ce un signe?

L’anticipation négative mène souvent à l’appréhension… qui ne permettra pas d’amorcer l’action. Pourtant, lorsqu’ils s’y mettent, la plupart des gens réalisent que c’était pire dans leur tête, que leur ressenti de manque de confiance était en fait un mélange de peurs (peur de l’inconnu, de la nouveauté, de l’échec, etc.), mais que finalement, au bout du compte, le passage à l’action s’est révélé souvent moins effrayant que ce que leur cerveau avait échafaudé comme catastrophe annoncée.

Comme le dit André Sauvé : « Le problème n’est pas la peur… le problème est que nous ne sommes pas assez curieux ! »

Références

1 Lupien, Sonia : https://sonialupien.com/publications-sonia-lupien/

2 André Sauvé (Mr. Ramesh) : What is fear

Nathalie Ross Author
Nathalie Ross, c.o. et psychothérapeute, travaille depuis plusieurs années à titre de conseillère d’orientation et de psychothérapeute auprès d’une clientèle variée, en pratique privée et pour l’organisme en employabilité CODEM. Elle est également superviseure clinique pour des équipes de c.o. et de c.e. et donne aussi à l’occasion des ateliers de formation et des conférences. Elle travaille avec la perspective psychogénétique depuis ses études en orientation à l’UQAM et avec la perspective ACT depuis quelques années. Elle est également présidente de l’Institut de recherche fondamentale et clinique en psycho-orientation (IRFCPO), institut qui chapeaute la perspective psychogénétique.
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Nathalie Ross Author
Nathalie Ross, c.o. et psychothérapeute, travaille depuis plusieurs années à titre de conseillère d’orientation et de psychothérapeute auprès d’une clientèle variée, en pratique privée et pour l’organisme en employabilité CODEM. Elle est également superviseure clinique pour des équipes de c.o. et de c.e. et donne aussi à l’occasion des ateliers de formation et des conférences. Elle travaille avec la perspective psychogénétique depuis ses études en orientation à l’UQAM et avec la perspective ACT depuis quelques années. Elle est également présidente de l’Institut de recherche fondamentale et clinique en psycho-orientation (IRFCPO), institut qui chapeaute la perspective psychogénétique.
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