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samedi, 21 septembre, 2019
Re-maintien
Ressources et formations

Re-maintien

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Depuis plus de 10 ansj’alimente avec plaisir ce blogue. Que le temps passe vite! Or, suite à la publication de mon traité sur Le Potentiel groupal, j’ai introduit dans ce blogue une série de billets prolongeant cette publication –sorte de service après-vente– annoncée par le sigle GBMT pour Groupe, Bon ou Mauvais Traitement. Plus tard, j’ai amorcé une autre série indiquée par les lettres SD pour Sur Demande et le billet qui suit est de cette catégorie. Mais avant de l’aborder, je voudrais simplement mentionner que depuis qu’OrientAction a récemment mis à niveau sa plateforme, ce site WEB géré par CERIC+GRICS n’utilise plus que les onglets Ressources et formations, Diversité, Éducation, Marché du travail et Résultats de recherche et c’est sous l’un ou l’autre de ces onglets qu’apparaissent maintenant mes billets. 

 

Les opérations psychologiques d’envergure ou grand public ont généralement une portée fort restreinte et surtout relativement éphémère. Qui par exemple (même parmi les professionnels) se souvient du thème de la Semaine de l’orientation de 2015?  

Il y a eu cependant une exception notable, soit l’opération –gigantesque vague convergente de colloques, d’ateliers, d’émissions de télévision, d’articles et de publications– faisant la promotion du lâcher-prise comme étant le modèle par excellence pour résoudre un problème qu’il soit personnel, scolaire, amoureux, familial, professionnel ou autre. Cette opération se situait dans le prolongement des « trente glorieuses », autant d’années génératrices d’abondance et d’opportunités sur à peu près tous les plans. C’était alors beaucoup plus facile de lâcher prise lorsque des alternatives étaient à la portée de la main : une autre formation, un autre partenaire, un autre emploi, etc. Cette opération psychologique sans précédent a eu en effet un vif succès et ce succès perdure même encore aujourd’hui. Ainsi près de 40 ans plus tard, dès qu’un problème surgit, bon nombre de gens y ont presque spontanément recours : ils lâchent prise. Ainsi devant un problème scolaire (échec, conflit avec un professeur, perte d’intérêt), ils décrochent; après quelques problèmes avec leur ado, ils le confient à la DPJ; devant un conflit affectif émergeant, ils se séparent ou divorcent; devant un malaise au travail, ils crient « bye bye boss », etc. 

Le paragraphe précédent est sciemment caricatural et réductionniste mais, en y regardant de plus près, il y a lieu de constater que bien de ces lâcher-prises étaient des « lâchetés-prises ». N’est-il pas significatif que lors d’un congrès mondial d’intervenants conjugaux tenu au stade olympique de Montréal il y a une vingtaine d’années, les congressistes ont majoritairement reconnu avoir eu, à divers degrés, un biais nettement favorable pour la séparation ou le divorce comme mode de solution par excellence et, prenant constat de ce biais, cette assemblée a officiellement et publiquement fait amende honorable et promis de faire les correctifs nécessaires, par exemple en s’engageant à mieux accompagner les couples dans les aléas du vivre ensemble. 

Pas étonnant alors qu’un peu partout dans nos sociétés il est impératif de changer de tir en faisant cette fois une nouvelle opération pro-tenir-prise sous diverses appellations (ce qui dans une certaine mesure affaiblit cette opération) : persévérance scolaire, fidélisation des nouveaux employés, renouveau conjugal, codéveloppement, etc.

Mais cette Nouvelle opération doit s’attaquer à un préjugé qui s’est bien ancré dans l’esprit des gens lors de l’opération lâcherprise, celui que l’effort est en somme surhumain, presque surnaturel. 

Or, un simple survol, par exemple, du côté de notre condition physique montre que nous sommes faits pour tenir prise. Notre système cardiaque est pro-vie et mû par un muscle cardiaque puissant alors que son pendant, soit le système lymphatique, doit avoir recours à un cumul de techniques plus ou moins efficaces en soi pour assurer la circulation de la lymphe comme la respiration ou la contraction des muscles et de fibres lisses. De même, le sympathique pro-accélérant est beaucoup plus puissant que le parasympathique pro-ralentissement. Et pour tenir un objet tel un verre d’eau, la main et le bras ont presque deux fois plus de muscles pour tenir que pour lâcher. Il en est également ainsi du côté de notre condition psychologique où intérêts, défis et passions se liguent pour nous aider à tenir prise. Et côté moral (grâce à une bonne gestion des lâcher et des tenir-prises), l’être humain est capable d’engagement et de résilience voire de transformer la pire épreuve en une occasion de croissance. 

En revanche, aller tout de go vers des tenir-prises à tout prix serait tout aussi nocif occasionnant des séquelles sur plusieurs plans : blessures et traumatismes de toutes sortes, entêtements, dénis se transformant en maux psychosomatiques, épuisement, malaise, etc.    

Conséquemment est apparu la pertinence d’amorcer une nouvelle opération psychologique misant cette fois sur le paradigme du maintien, une zone attitudinale et comportementale médiane permettant d’éviter à la fois les excès de lâcher-prise et les excès de tenir-prise en capitalisant légèrement sur ce dernier (cf. deux fois plus de muscles pour tenir que pour lâcher). 

PS Ce billet reprend très sommairement quelques éléments de Stratégies de maintien au travail et dans d’autres situations de vie publié chez Septembre. 

Professeur au Département d’Orientation professionnelle de l’Université de Sherbrooke durant plus de 25 ans, le pédagogue a brillé d’originalité pour former ses étudiants, souhaitant non pas les cloner, mais bien les mettre au monde en tant que conseillers. Sa différence est devenue référence, comme en témoignent les prix qu’il a remportés, la vingtaine d’ouvrages qu’il a publiés et les ateliers de formation qu’il a animés sur le counseling de groupe et sur l’insertion professionnelle. Depuis 2001, il n’a de retraité que le nom puisqu’il demeure très actif comme professeur associé. De plus, le prolifique auteur n’a pas rangé sa plume et le réputé conférencier manie toujours le verbe avec autant de verve et d’à-propos.
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Professeur au Département d’Orientation professionnelle de l’Université de Sherbrooke durant plus de 25 ans, le pédagogue a brillé d’originalité pour former ses étudiants, souhaitant non pas les cloner, mais bien les mettre au monde en tant que conseillers. Sa différence est devenue référence, comme en témoignent les prix qu’il a remportés, la vingtaine d’ouvrages qu’il a publiés et les ateliers de formation qu’il a animés sur le counseling de groupe et sur l’insertion professionnelle. Depuis 2001, il n’a de retraité que le nom puisqu’il demeure très actif comme professeur associé. De plus, le prolifique auteur n’a pas rangé sa plume et le réputé conférencier manie toujours le verbe avec autant de verve et d’à-propos.