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Compétences développementales

« Je n’ai plus besoin de me développer, je suis déjà au top! ». Pourquoi tant parler des mécanismes de survie dans les précédents billets? Parce qu’il est très difficile d’évoluer sans aller au-delà de ces mécanismes. Parce que l’être humain ne se réduit pas à des réactions d’adaptation. Parce que l’humain vit et apprend aussi par les choix qu’il fait au-delà de ces réactions immédiates, inconscientes, automatiques. Les compétences s’acquièrent avec l’expérience tout au long de la vie professionnelle. Qu’elles relèvent du domaine personnel ou professionnel, les compétences peuvent s’actualiser à tout âge et à tout moment. De nouvelles compétences peuvent être acquises. Le fait d’être engagé à vie dans un processus de croissance constitue une compétence développementale. Nous parlons ici d’un choix conscient. Faisons ensemble un petit bout de voyage développemental.

Avant tout, il est nécessaire de vouloir se développer et de faire le choix de notre croissance.
Il s’agit de prendre part à notre évolution. C’est une décision. Encore faut-il savoir qu’il est possible de « se faire évoluer » intentionnellement. Il s’agit d’abord d’une question d’information, mais intégrer cette information est un premier pas essentiel. Depuis quelques années, il devient difficile de ne pas être informé de cette possibilité de croissance professionnelle et plus globalement psychosociale. On peut même dire que la société actuelle, par l’intermédiaire d’une situation, ou de notre employeur, ou bien d’un collègue ou encore de notre client, nous pousse à apprendre, voire nous contraint à changer.

L’environnement revêt une importance majeure en tant que condition de développement. Que nous le voulions ou non, inévitablement, la vie fait en sorte que nous sommes dans un processus de changement.

Selon le milieu dans lequel nous évoluons, notre développement peut être contrecarré ou, à l’opposé, devenir un processus optimal.

La source et la nature de ce processus restent principalement inconscientes, mais nous pouvons nous demander ceci : que voulons-nous et que pourrions-nous faire de ces impulsions de croissance? Les réponses à ces interrogations impliquent du temps, de la conscience et d’autres valeurs, comme la liberté de décider. Aussi, nous ne sommes pas égaux par rapport à ces impulsions, par rapport aux possibilités, et nous sommes tous différents. Un même individu peut être différent selon son âge, les circonstances, les étapes de la vie, ses choix de vie… Toutefois, en tant qu’humain, nous sommes porteurs d’un potentiel d’évolution. Nous pouvons évoluer avec plus de conscience.

Compétences développementales

Avant que cette question du développement intentionnel ne devienne populaire, de nombreux auteurs l’ont abordée depuis l’Antiquité. La « vague » développementale a déferlé il y a déjà quelques années avec des auteurs comme Piaget, Jung, Fanget, en Europe, et Erikson, Kohlberg, Loevinger, en Amérique du Nord. Dans le domaine de l’orientation et du développement de carrière, l’approche développementale a été mise en avant par des chercheurs tels que Ginzberg, Super, Gottfredson… Plusieurs spécialistes de l’orientation (Riverin-Simard, Limoges, Hall, Lecomte et Savard…) que nous pouvons considérer comme des postdéveloppementalistes se sont inspirés de ces premiers chercheurs.

Actuellement le mouvement de la psychologie positive et les neurosciences ont le vent en poupe. La psychologie positive lancée aux États-Unis par Seligman est aujourd’hui relayée de par le monde, notamment en France par le Dr André, mais aussi de l’autre côté de la Méditerranée, notamment par Ben-Shahar et Yalom. Concernant les neurosciences, les recherches sont étendues sur toute la planète et les résultats sont extrêmement disparates. Les images du cerveau restent sujettes à diverses interprétations. Quoi qu’il en soit, il ressort de toutes ces recherches que l’être humain poursuit son évolution et qu’il peut y prendre part consciemment.

À l’âge adulte, nous continuons de changer sur les plans physique, émotionnel, intellectuel et spirituel. De fausses croyances telles que « nous perdons des neurones après la vingtaine » ont presque disparu. Elles sont remplacées par d’autres selon lesquelles « nous créons des… ». Une fois informé de la possibilité de se développer intentionnellement, nous pouvons choisir cette possibilité ou la rejeter et, par exemple, laisser faire la vie, c’est-à-dire, en fait, donner à l’environnement un pouvoir de décision.

Ensuite, si nous avons décidé de prendre en main notre croissance ou au moins une part de notre développement, il sera utile de mieux se connaître, d’explorer dans l’environnement les possibilités et occasions de croissance, de se fixer des buts et de passer à l’action. Prendre du temps pour déterminer ce que l’on veut, se poser des questions, échanger avec autrui et agir peut contribuer à notre développement.

Voici des exemples de questions à se poser ou de sujets à discuter avec autrui :

1. Dans quelles directions j’aimerais voir grandir mes compétences, mes champs d’intérêts… ?

2. Qu’ai-je envie d’apprendre?

3. Qu’ai-je envie de partager?

4. Qu’est-ce que la situation, mon employeur ou mon client, me pousse à apprendre?

5. Qu’apprendre de ce qui arrive dans ma vie et dans celle des autres?

6. Comment utiliser mes forces pour me développer?

7. Quelles croyances modifier ou remplacer pour mieux apprendre?

8. Quelle est l’utilité ou la nécessité de changer?

9. Quelle influence exercer sur mon parcours de formation, professionnel et de vie?

10. Comment me positionner devant les difficultés et devant les possibilités?

11. Quels sont les bénéfices de s’autoriser à changer?

12. Si elle pouvait parler, qu’est-ce que mon envie pourrait raconter de moi?

Apprendre de nouvelles choses, perfectionner un savoir-faire, développer un savoir-être, acquérir ou peaufiner un savoir-devenir sont des processus qui peuvent être repris à tout moment et poursuivis tout au long de la vie. Il s’agit d’une prise ou d’une reprise en main de son développement. Aller au-delà de la survie et se poser des questions, cela fait partie des compétences développementales. Nous n’obtenons pas toujours des réponses satisfaisantes, mais les chercher dynamise notre plan de développement. Chercher des questions surprenantes, voire humoristiques, peut orienter, réorienter, stimuler notre croissance. Sauf accident ou croyance nuisible ou choix, les compétences développementales sont chaque jour perfectibles au point de pouvoir se dire « Je n’ai plus besoin d’être au top, je suis déjà en développement! »

Psychologue de l’éducation nationale spécialisé en éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle, Laurent exerce en France dans un centre d’information et d’orientation. Depuis 20 ans, il accompagne tout type de public notamment les scolaires. Il a passé une année en qualité d’étudiant au Département d’orientation professionnelle de l’Université de Sherbrooke pour peaufiner ses compétences opérationnelles. Il mesure chaque jour la portée transculturelle d’un counseling au service de l’orientation et du développement de carrière. Il partage son expérience de l’accompagnement via l’écriture et la formation.
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Psychologue de l’éducation nationale spécialisé en éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle, Laurent exerce en France dans un centre d’information et d’orientation. Depuis 20 ans, il accompagne tout type de public notamment les scolaires. Il a passé une année en qualité d’étudiant au Département d’orientation professionnelle de l’Université de Sherbrooke pour peaufiner ses compétences opérationnelles. Il mesure chaque jour la portée transculturelle d’un counseling au service de l’orientation et du développement de carrière. Il partage son expérience de l’accompagnement via l’écriture et la formation.
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