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La non-binarité occupe une place importante dans les discours depuis plusieurs années. Ce terme englobe plusieurs concepts, tels que les personnes qui se sentent entre les deux genres, celles qui se sentent à la fois entre les deux genres ou sans genre. N’oublions pas que l’identité de genre est une construction psychologique et sociale, une expérience subjective.
Cependant, il y a une autre réalité dont on tient peu compte : l’existence d’une mosaïque de caractéristiques, tant féminines que masculines, au sein du cerveau de chaque être humain. Selon la recherche de Daphna Joel en 2015 sur la structure physiologique du cerveau, celui-ci ne se divise pas en deux catégories distinctes : homme et femme. Chaque individu possède une variété de caractéristiques neuroanatomiques. Nos cerveaux étant effectivement des mélanges uniques, l’identité reste une expérience personnelle. Le cerveau « mosaïque » expliquerait scientifiquement la diversité des personnalités.
Ces données scientifiques montrent que la rigidité des genres ne serait pas fondée.
Comprendre que le cerveau est une mosaïque unique plutôt qu’un organe binaire nous amènerait à d’autres considérations plus fonctionnelles.
- En enseignant la notion de mosaïque cérébrale, on pourrait explorer plus facilement ses forces sans se sentir « anormal ».
- Un garçon très sensible ou une fille attirée par la mécanique ne serait plus perçu comme une exception, mais comme une expression naturelle de sa propre configuration neuronale.
- Si l’on comprend que nos capacités cognitives ne sont pas dictées par notre sexe, ce frein psychologique s’effondre. L’individu se sent autorisé à développer ses circuits neuronaux en fonction de ses intérêts réels.
- On passerait d’une vision catégorielle (extraverti ou introverti) à une vision dimensionnelle (quel est ton mélange unique de réactivité, de sensorialité ou d’autres, tel que présenté dans le modèle biopsychosocial ISCAR).
Le défi reste que le cerveau humain aime les catégories simples pour économiser de l’énergie cognitive. Le concept de « mosaïque» est plus complexe à saisir que le dualisme « Homme et Femme ».
La méconnaissance du fonctionnement biochimique et neurologique conduit souvent à une vision très statique, voire mystique, de la personnalité humaine.
Lorsqu’on ignore comment les neurotransmetteurs (comme la dopamine, la sérotonine ou l’ocytocine) et les circuits neuronaux interagissent, on a tendance à se rabattre sur des explications culturelles simplistes pour justifier les comportements.
Une meilleure éducation à la biopsychologie permettrait de passer d’un jugement moral («Il est trop sensible pour un homme.») à une observation fonctionnelle («Son circuit de l’affectivité est particulièrement dominant.»).
Il existe effectivement un décalage important entre l’avancée fulgurante des recherches en neurobiologie et leur intégration dans le cursus universitaire des futurs cliniciens.
Cette lacune crée un fossé : d’un côté, une recherche qui démontre la plasticité et la mixité des circuits cérébraux, et de l’autre, une pratique parfois encore très attachée à des modèles purement psychodynamiques ou comportementaux qui font l’économie de la «machine» biologique.
- Dépasser le dualisme corps-esprit
Pendant longtemps, la formation universitaire a séparé la neurologie (le «hardware») de la psychologie (le «software»).
- Cette séparation empêche de voir comment un déséquilibre chimique ou une dominance dans un circuit (comme le circuit réflexif ou instinctif) influence directement la personnalité.
- Sans une base solide en neurosciences, le clinicien risque de passer à côté de l’origine biologique de certaines difficultés ou de certaines forces chez son client.
- De l’étiquette au fonctionnement
Le manque d’enseignement en neurosciences incite souvent à recourir à des étiquettes diagnostiques rigides.
- Si l’on comprenait mieux la biopsychologie, on pourrait passer d’un diagnostic « statique » à une analyse « dynamique » : quel circuit est en excès ? Lequel est moins important ?
- L’objectif ne serait plus de «guérir» une personnalité, mais d’aider l’individu à réguler ses propres circuits dominants pour retrouver un équilibre, plutôt que d’essayer désespérément de développer des zones qui ne sont pas ses points forts naturels.
- La vulgarisation comme outil thérapeutique
Pour qu’un professionnel puisse expliquer la mosaïque cérébrale à un parent ou à un client, il doit d’abord maîtriser avec aisance les concepts de chimie cérébrale et les circuits neurohormonaux.
- La résistance vient parfois de la peur de «médicaliser» l’humain. Pourtant, expliquer à quelqu’un que son impulsivité est liée à une réactivité particulière de son circuit « instinctivité » est souvent beaucoup plus déculpabilisant que de lui parler de « faiblesse de caractère ».
- Le besoin de modèles intégrateurs
- Comme nous l’avons souligné, le chemin est long car il ne s’agit pas seulement d’ajouter des cours de biologie, mais de repenser la psychologie à travers le prisme des neurosciences sociales. Il faut des modèles qui établissent le lien entre la structure du cerveau et le vécu quotidien.
- C’est sans doute là que réside le plus grand potentiel : transformer le clinicien en un « éducateur du cerveau » qui aide chacun à naviguer avec son propre mélange de zones et de réactivités chimiques.
- L’enjeu est de démontrer que la biopsychologie n’est pas réductionniste, mais explicative : elle donne des racines concrètes au vécu psychologique sans le nier.
Pourquoi le modèle biopsychosocial ISCAR peut changer la donne pour les parents :
- Sortir du « Prêt-à-porter » éducatif : Au lieu de chercher la méthode miracle pour l’enfant en général, le parent apprend à identifier la configuration unique des circuits dominants de son propre enfant.
- La régulation plutôt que la confrontation : Si un parent comprend que l’opposition de son enfant n’est pas une provocation, mais une manifestation d’un circuit de l’instinctivité dominant, l’intervention change du tout au tout. On ne cherche plus à briser un caractère, mais à aider l’enfant à réguler un excès afin qu’il ne devienne pas envahissant.
- Valider la « Mosaïque » dès l’enfance : Le modèle biopsychosocial ISCAR confirme que chaque enfant est un mélange unique. Cela protège l’enfant contre les étiquettes de genre ou les diagnostics hâtifs en ramenant l’attention sur son fonctionnement global.
Rendre les neurosciences accessibles : un défi au cœur de l’ISCAR
Pour que chaque parent puisse s’approprier la « chimie du cerveau » en toute simplicité, le livre Accompagner chaque enfant selon sa personnalité paraîtra en 2027. À travers des analogies concrètes, comme l’image des circuits neuronaux, cet ouvrage transforme des concepts complexes en outils d’action quotidiens. C’est là que réside la force du modèle : son utilité pratique.
Vous êtes professionnel de l’éducation ou de la santé? Allez plus loin avec la formation « Modèle biopsychologique ISCAR et interventions », organisée en visioconférence les 5 et 6 novembre 2026.
Infos et inscriptions : iscar.pro
* Dans le but d’alléger le texte et d’en faciliter la lecture, le générique masculin est utilisé comme genre neutre.
Dr Benoît Poisson, après une carrière de quarante ans en tant que psychologue clinicien auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes ayant des troubles de santé mentale, anime des formations depuis plus d’une décennie. Il est l’auteur des articles « Perspective biopsychologique systémique des émotions de base » et « La biopsychologie systémique: une approche intégrée du comportement, des styles et troubles de personnalité, des émotions et troubles cliniques » ainsi que du questionnaire « ISCAR-personnalités-santé-mentale ».
Marianne Poisson est ergothérapeute depuis 2008. Elle possède une expérience clinique variée auprès de la clientèle enfant et adolescente ainsi que leur famille. Sa pratique à l’enfance l’a amenée à établir de nombreux partenariats avec les milieux de garde et les milieux scolaires. Elle a toujours prôné la collaboration des différents acteurs pour soutenir l’enfant dans son développement. Au fil de son parcours professionnel, elle s’est impliquée dans l’enseignement clinique, le soutien clinique à ses pairs et l’animation de formations à des professionnels de différents milieux ainsi qu’à des éducatrices et parents dans les milieux de garde.
Dr Benoît Poisson, après une carrière de quarante ans en tant que psychologue clinicien auprès d’enfants, d’adolescents et d’adultes ayant des troubles de santé mentale, anime des formations depuis plus d’une décennie. Il est l’auteur des articles « Perspective biopsychologique systémique des émotions de base » et « La biopsychologie systémique: une approche intégrée du comportement, des styles et troubles de personnalité, des émotions et troubles cliniques » ainsi que du questionnaire « ISCAR-personnalités-santé-mentale ».
Marianne Poisson est ergothérapeute depuis 2008. Elle possède une expérience clinique variée auprès de la clientèle enfant et adolescente ainsi que leur famille. Sa pratique à l’enfance l’a amenée à établir de nombreux partenariats avec les milieux de garde et les milieux scolaires. Elle a toujours prôné la collaboration des différents acteurs pour soutenir l’enfant dans son développement. Au fil de son parcours professionnel, elle s’est impliquée dans l’enseignement clinique, le soutien clinique à ses pairs et l’animation de formations à des professionnels de différents milieux ainsi qu’à des éducatrices et parents dans les milieux de garde.




