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Les femmes représentent près de la moitié de la main-d’œuvre mondiale, mais demeurent sous-représentées en STIM. Selon Gauvreau (2024), moins de 30 % y évoluent. Il devient donc essentiel de mieux comprendre les besoins qui façonnent leurs projets de formation et de carrière. Une recherche menée auprès de 44 étudiantes et professionnelles a permis d’identifier des leviers d’accompagnement à différents moments du parcours. Réalisée par les personnes professeures et l’étudiante, autrices de cet article, avec la collaboration de l’organisme FRONT et du Service aux collectivités, cette recherche s’appuie sur une analyse thématique mobilisant le modèle d’action décisionnelle de Cournoyer et Lachance (2019) et la typologie des besoins fondamentaux de Desmet et Fokkinga (2020). Sept besoins centraux émergent : capacité, défis, préparation, visibilité, équilibre, impact et viabilité. La capsule vidéo ci-dessous présente des informations complémentaires à celles exposées dans cet article.
Sept besoins fondamentaux des femmes en STIM
Les sept besoins sont présentés et décrits, puis un exemple de la façon dont peut s’opérer la satisfaction de ceux-ci accompagne le propos.
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Croire en ses capacités
Ce besoin renvoie au sentiment de compétence et à la maîtrise réelle des habiletés. Il est soutenu par l’accumulation d’expériences réussies, mais aussi par la reconnaissance externe (mentorat, pairs, accompagnement). Dans des contextes où les modèles féminins sont moins visibles, cette reconnaissance joue un rôle structurant. Par exemple, une rétroaction ciblée sur un projet complexe renforce le sentiment d’efficacité personnelle et encourage la persévérance dans le domaine.
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Faire face aux défis du quotidien
Les environnements de travail, à prédominance masculine dans le champ des STIM, sont souvent exigeants et impliquent de la performance, de l’adaptation et de l’affirmation de soi continues. Ces défis sont à la fois techniques, relationnels et identitaires. Ils exigent des stratégies d’ajustement adaptatives pour naviguer entre les attentes élevées et les sources, souvent inégales, implicites et floues, de reconnaissance. Par exemple, prendre position en réunion de façon appuyée et argumentée, malgré l’incertitude des réactions possibles, peut permettre de consolider progressivement sa légitimité professionnelle et la confiance en ses capacités d’influence.
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Se préparer concrètement à sa carrière
Les femmes expriment le besoin de se projeter dans l’avenir en développant des compétences et un réseau de relations professionnelles. L’accès à des expériences concrètes permet de façonner la direction de leur parcours et de réduire l’incertitude professionnelle. Les stages, les colloques et les activités professionnelles jouent un rôle clé dans cette préparation. Par exemple, le fait de combiner un stage et la participation à un événement scientifique favorise l’employabilité et permet de mieux comprendre les exigences du milieu.
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Prendre sa place et se faire reconnaître
La visibilité passe par la valorisation de l’expertise et la reconnaissance de la crédibilité professionnelle. Elle implique non seulement d’être compétente, mais aussi d’être perçue comme telle au sein d’environnements où les normes implicites peuvent être contraignantes. Cette reconnaissance se construit dans le temps. Par exemple, le fait de diffuser ses travaux et de participer à des projets collectifs dans des cadres contraignants permet de comprendre les règles et les attentes du milieu, mais aussi de bénéficier du soutien des pairs et de développer la confiance nécessaire pour saisir de nouvelles opportunités professionnelles.
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Préserver son équilibre de vie
Au-delà du travail, les femmes accordent une grande importance aux relations et à la santé. L’équilibre repose sur une gestion active et parfois négociée des différentes sphères de vie. Il s’inscrit dans une logique où la performance ne peut être maintenue sans bien-être. Par exemple, organiser son temps de manière à intégrer des activités personnelles et professionnelles contribue à la stabilité émotionnelle et à la durabilité de l’engagement.
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Faire une différence
Ce besoin d’impact se manifeste surtout à un stade avancé dans la carrière. Il renvoie à l’influence exercée sur les pratiques, les organisations et la relève. Il s’inscrit dans une volonté de transformation des environnements STIM, souvent perçus comme peu inclusifs. Par exemple, s’engager dans le mentorat ou dans des initiatives de diversité permet de contribuer concrètement à l’évolution des milieux.
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Bâtir une carrière viable dans le temps
La viabilité renvoie à une intégration durable des sphères de vie et à une réflexion continue sur les priorités. Elle suppose une capacité d’adaptation aux transitions professionnelles et personnelles. Par exemple, ajuster ses conditions de travail, redéfinir ses objectifs et négocier des modalités flexibles permet de maintenir un alignement entre la carrière, la santé et les engagements personnels.
Conclusion
Les besoins et les projets des femmes en STIM dépassent les enjeux d’accès et de formation. Ils s’inscrivent dans une dynamique qui intègre le développement des compétences, l’affirmation de soi, la gestion des défis, l’équilibre de vie et la quête de sens. L’accompagnement de ces femmes suppose une approche globale mobilisant les individus, les institutions éducatives et étatiques, ainsi que les milieux de travail. Soutenir les femmes en STIM implique ainsi d’agir simultanément sur les diverses forces de contextes, tant personnelles, relationnelles qu’institutionnelles, organisationnelles et sociales, qui interviennent dans leur parcours.
Références
Cournoyer, L. et Lachance, L. (2019). Decision-Action Model: Overview and application to career development. Dans N. Arthur, R. Borgen (Neault) et M. McMahon (Dir.), Career theories and models at work: Ideas for practice (pp. 93-101). CERIC.
Desmet, P. et Fokkinga, S. (2020) Beyond Maslow’s pyramid: Introducing a typology of thirteen fundamental needs for human-centered design. Multimodal Technologies and Interaction, 4(3), 38. https://doi.org/10.3390/mti4030038
Gauvreau, C. (2024, 22 mars). Renforcer la présence des femmes en sciences. Actualité UQAM. https://actualites.uqam.ca/2024/renforcer-la-presence-des-femmes-en-sciences/
Lise Lachance, Ph. D. est psychologue et professeure titulaire dans la section Counseling de carrière au Département d’éducation et pédagogie de l’Université du Québec à Montréal. Ses travaux de recherche se rattachent à la conciliation des rôles de vie et aux facteurs qui facilitent ou compromettent les projets personnels ainsi que les parcours scolaires et professionnels. Ils visent à mieux comprendre le processus d’adaptation et de prise de décision des individus dans l’accomplissement de leurs rôles multiples, d’importantes transitions ou d’événements de vie majeurs et à identifier les ressources et les stratégies les plus efficientes pour favoriser leur adaptation en regard de leur contexte.
Elise Martinez est étudiante à la maîtrise en counseling de carrière à l’UQAM. Elle travaille comme auxiliaire de recherche et d’enseignement et a également travaillé en tant que conseillère en développement de carrière auprès de jeunes adultes.
Louis Cournoyer est professeur titulaire à la section Counseling de carrière de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il occupe également les fonctions de directeur des programmes de premier cycle en développement de carrière. À ce titre, il enseigne au premier et au deuxième cycles des cours portant sur les théories du développement de carrière, la pratique et la supervision du counseling de carrière, ainsi que sur la santé mentale. Ses travaux de recherche s’articulent autour du modèle d’action décisionnelle adaptative, qui met en lumière le rôle des expériences de parcours de vie, des projets personnels, des contextes et de leurs forces, ainsi que des stratégies d’ajustement dans la satisfaction des besoins d’adaptation et de développement, tant sur le plan personnel que professionnel et de carrière.
Lise Lachance, Ph. D. est psychologue et professeure titulaire dans la section Counseling de carrière au Département d’éducation et pédagogie de l’Université du Québec à Montréal. Ses travaux de recherche se rattachent à la conciliation des rôles de vie et aux facteurs qui facilitent ou compromettent les projets personnels ainsi que les parcours scolaires et professionnels. Ils visent à mieux comprendre le processus d’adaptation et de prise de décision des individus dans l’accomplissement de leurs rôles multiples, d’importantes transitions ou d’événements de vie majeurs et à identifier les ressources et les stratégies les plus efficientes pour favoriser leur adaptation en regard de leur contexte.
Elise Martinez est étudiante à la maîtrise en counseling de carrière à l’UQAM. Elle travaille comme auxiliaire de recherche et d’enseignement et a également travaillé en tant que conseillère en développement de carrière auprès de jeunes adultes.
Louis Cournoyer est professeur titulaire à la section Counseling de carrière de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il occupe également les fonctions de directeur des programmes de premier cycle en développement de carrière. À ce titre, il enseigne au premier et au deuxième cycles des cours portant sur les théories du développement de carrière, la pratique et la supervision du counseling de carrière, ainsi que sur la santé mentale. Ses travaux de recherche s’articulent autour du modèle d’action décisionnelle adaptative, qui met en lumière le rôle des expériences de parcours de vie, des projets personnels, des contextes et de leurs forces, ainsi que des stratégies d’ajustement dans la satisfaction des besoins d’adaptation et de développement, tant sur le plan personnel que professionnel et de carrière.




