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« Alerte aux aidants » n’est pas seulement un signal d’alarme lancé par un professionnel de la dynamique Individu-Étude-Travail.
« Alerte aux aidants » ne se contente pas de remettre en question un certain nombre d’idées sur la santé mentale au travail, sur la sécurité et la santé au travail, sur la qualité de vie au travail et sur le monde du travail.
« Alerte aux aidants » est également un guide de la santé mentale et du besoin de sécurité au travail.
« Alerte aux aidants » est aussi un manuel de survie et d’inclusion des travailleurs et des travailleuses, notamment des professionnels et professionnelles de la relation d’aide.
Il y a urgence à repositionner la qualité des relations au cœur de la qualité de vie au travail.
La réduction du découragement, de la fatigue, de l’épuisement professionnel, des accidents du travail, des arrêts de travail, des maladies professionnelles, de la souffrance et des suicides passe par de meilleures conditions de travail et une remise en question du contrat psychologique implicite avec notre travail, que nous avons créé.
La préservation de la santé et l’augmentation du bien-être au travail et de la motivation passent par de meilleures conditions et une remise en question du contrat psychologique implicite avec notre travail, que nous avons créé.
Une réduction significative des préjudices psychologiques et autres séquelles issues du travail ne passent pas uniquement par une individualisation des soins et de la santé mentale. La psychologisation des dynamiques en jeu dans le monde du travail ne doit pas nous faire oublier les aspects contextuels et stratégiques mis en œuvre.
L’environnement de travail reste essentiel. Mais l’expression « conditions de travail » est-elle devenue désuète? Elle semble avoir disparue du monde des « collaborateurs ». Tout comme le terme « collaborateur » efface la représentation ou l’image mentale des liens de subordination, d’autres expressions dissimulent le travail réel, les causes organisationnelles des maux du travail et les réalités vécues par les travailleurs et les travailleuses.
Les mots qui camouflent le vécu des travailleurs et des travailleuses ou détournent l’attention représentent une stratégie langagière trompeuse.
Aussi, nous n’entrons pas sur le marché du travail vierges de représentations ni la tête vide. Nous avons été préparés, pour ne pas dire formatés, par le système éducatif. Pourtant nous entrons sur le marché de l’emploi sans les codes qui nous permettent de préserver notre santé et d’accroître notre sécurité. Nous arrivons sur le marché du travail avec des idées toutes faites et un vocabulaire déjà orienté mais pas toujours en phase avec la réalité du monde du travail.
Les codes du travail ne sont pas les codes de l’École. Un temps d’acculturation est nécessaire pour les primo-arrivants dans le monde du travail. Les autres peuvent réaliser un bilan de leur expérience. Dans leur bilan professionnel, les travailleurs (et leur éventuel conseiller) pourraient prendre en compte l’impact du vocabulaire et de la stratégie langagière utilisés par le nouveau management.
Le choix des termes utilisés au travail et sur le travail ne sont pas anodins. Ils sont révélateurs des intentions organisationnelles et managériales. Ils ont un impact psychologique très profond. Ils structurent les états d’esprit. Ils renforcent un contrat psychologique implicite sain ou malsain avec le travail.
Le contrat psychologique implicite malsain empêche trop de gens de prendre soin de leur santé. Non le travail ne passe pas avant la santé. Oui le travail peut et doit respecter les gens. Il peut reconnaître leurs besoins. Mais chacun doit faire sa part.
Comment aider les travailleurs à mieux prendre soin de leur santé mentale et assurer leur sécurité?
La théorie de l’autodétermination appliquée encourage l’être humain dans son élan naturel à se comporter de façon saine et efficace. Mais le meilleur remède aux risques psychosociaux reste la prévention en collaboration active et sincère avec la direction.
La prévention des risques psychosociaux et la qualité de vie au travail impliquent de sécuriser les travailleurs.
Sécuriser les travailleurs suppose d’établir et de maintenir une certaine qualité de lien que de nombreux psychologues et psychiatres ont déjà définis. Marshall Rosenberg et Boris Cyrulnik en parlent très bien.
Encore faut-il qu’il y ait lien, puis conscience du lien, de sa qualité et de son importance! C’est une condition préalable pour percevoir les ruptures de liens! Une fois celles-ci perçues, encore faut-il pouvoir réparer les conséquences de l’absence ou de la rupture de lien, c’est-à-dire rétablir le lien. Le contrat psychologique passé entre le travailleur et son travail sera alors renégocié. La négociation initiale du contrat psychologique n’a en réalité pas eu lieu consciemment.
Plus conscient de lui-même et de son environnement de travail, le travailleur peut alors sortir de sa torpeur psychologique, développer des mécanismes de protection sûrs, contribuer sainement aux collectifs et poursuivre son développement jusqu’à l’âge de la retraite et même au-delà.
Des liens fiables produisent des richesses inestimables sur le plan du développement des compétences, sur le plan de la personnalité, sur le plan du développement social (appartenance sociale, entraide, paix), sur le plan du développement économique (diminution des coûts liés à l’absentéisme, augmentation de la qualité des biens et services) et sur le plan du développement humain (conscience de soi, altruisme, croissance, motivation, estime de soi).
Pour observer la rupture actuelle des liens entre les travailleurs, entre décideurs et managers, entre managers et subordonnés, il vous faut un microscope. La science est aussi atomisée que le monde du travail. Réunissez les données de plusieurs disciplines pour analyser vos observations. Ces disciplines représentent autant de loupes pour votre analyse microscopique. D’abord, observez sans dogmatisme. Observez, puis disséquez le contexte organisationnel, l’intention de votre interlocuteur, sa personnalité, son style de communication explicite et implicite, ses éléments de langage et sondez vos besoins psychologiques fondamentaux. Quels sont-ils? Ce livre est le microscope intellectuel, linguistique et psychologique à utiliser pour se rétablir en tant qu’être humain au travail, un travail au service de l’être humain.
* Dans le but d’alléger le texte et d’en faciliter la lecture, le générique masculin est utilisé comme genre neutre.




