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Épuisement professionnel et dépression : une analogie pour mieux comprendre l’arrêt de travail

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Une panne de courant… comme un épuisement professionnel

Cet hiver, une panne d’électricité a privé notre maison de courant pendant quatorze heures.

Pas de télévision.

La maison qui refroidit.

L’obscurité après le coucher du soleil.

L’inquiétude de perdre les aliments du congélateur.

Et, surtout, une heure de rétablissement annoncée… puis repoussée à plusieurs reprises.

Comme bien des gens, j’ai essayé de tirer le meilleur parti de la situation : aller marcher, effectuer quelques tâches qui ne nécessitaient pas d’électricité, allumer quelques bougies, ajouter une couverture pour dormir.

Puis je me suis surpris à penser : « Combien de temps cela va-t-il durer? »

C’est à ce moment que le parallèle avec les personnes en arrêt de travail s’est imposé à moi.

 

Ce que vivent de nombreuses personnes en congé de maladie

Bien sûr, une panne de courant ne se compare pas à la souffrance d’un épuisement professionnel ou d’un épisode dépressif.

Une analogie a toujours ses limites.

Cependant, certains éléments me semblent étonnamment semblables.

Lorsqu’une personne est en arrêt de travail, elle ne sait souvent pas :

  • Combien de temps sa fatigue va durer.
  • À quel moment son énergie reviendra.
  • Quand elle pourra reprendre une vie normale.

Cette incertitude est parfois l’une des parties les plus difficiles à vivre. À cela s’ajoutent d’autres réalités.

  • Un profond sentiment d’impuissance devant la fatigue.
  • Des efforts pour aller mieux.
  • Le décalage entre ce que l’on aimerait être capable de faire… et ce que notre énergie nous permet réellement d’accomplir.
  • Une date de retour au travail qui doit parfois être reportée.

Comme lors d’une panne de courant, on attend que « le courant revienne », sans pouvoir accélérer le processus.

 

Cinq leçons que l’on peut tirer de cette analogie

Cette image m’amène à réfléchir à quelques pistes qui peuvent être utiles pendant un arrêt de travail.

  1. Se concentrer sur les petites actions possibles

Lorsque tout semble arrêté, les petits gestes demeurent importants. Une courte marche, préparer un repas simple ou prendre une douche peuvent représenter de véritables victoires.

  1. Revenir au moment présent

Penser constamment à la date du retour au travail ou au moment où l’on retrouvera toute son énergie augmente souvent la détresse. Revenir au moment présent permet de retrouver un peu de sérénité.

  1. Tolérer l’incertitude

C’est probablement l’aspect le plus difficile. Ne pas savoir quand le « courant » reviendra demande énormément de patience et de compassion envers soi-même.

  1. Ajouter une « couverture »

Pendant une panne, une couverture aide à conserver la chaleur. En période d’épuisement ou de dépression, cette « couverture » peut prendre plusieurs formes : dormir suffisamment, accepter de recevoir de l’aide, réduire les exigences envers soi-même ou respecter davantage ses limites.

  1. Trouver ses « bougies »

Les bougies ne rétablissent pas l’électricité, mais elles rendent l’attente plus supportable. Nos « bougies », ce sont toutes ces petites choses qui nous apportent un peu de réconfort : écouter de la musique, passer du temps dans la nature, lire quelques pages d’un livre ou simplement savourer un bon café. Elles ne règlent pas tout. Mais elles éclairent un peu la période que nous traversons et nous aident à recharger nos batteries lentement mais sûrement.

 

Un message qui m’a profondément touché

Après avoir publié cette réflexion, une lectrice m’a écrit avec son autorisation de partager son témoignage :

« Je viens de lire votre publication sur l’analogie entre la panne d’électricité et le burnout/état dépressif et je me suis mise à pleurer tellement elle représente ma réalité. Merci d’avoir écrit ces mots pleins d’humanité et d’empathie à travers lesquels je me suis sentie comprise dans la nuit que je traverse. »

Ce message m’a beaucoup touché.

Lorsque nous écrivons un billet, une publication ou un livre, nous ignorons presque toujours l’effet que nos mots auront sur les personnes qui les liront. Parfois, le plus beau cadeau que nous pouvons offrir n’est pas une solution, mais le sentiment d’être compris.

 

Et vous?

Est-ce que cette analogie entre une panne de courant et un arrêt de travail pour épuisement professionnel ou dépression vous parle? Voyez-vous d’autres parallèles que l’on pourrait établir? Je serais heureux de lire vos réflexions.

* Dans le but d’alléger le texte et d’en faciliter la lecture, le générique masculin est utilisé comme genre neutre.

Stéphane Migneault est psychologue, conférencier et auteur. Il possède plus de 20 ans d’expérience comme psychothérapeute. Il enseigne l’EMT (eye movement technique) à des professionnelles et professionnels de la santé mentale : psychologues, conseillères d’orientation, travailleuses sociales, psychoéducatrices, sexologues, médecins, psychothérapeutes, etc. À ce jour, il a formé plus de 1600 intervenantes et intervenants francophones et anglophones (Canada, France, Guadeloupe, etc.). Il a animé une conférence sur l’EMT dans le cadre du colloque de l’OCCOQ (2018) et du congrès Cannexus (2023). Dans un autre ordre d’idées, il est auteur de Sympathique : comment communiquer avec les 16 types de personnalité (Septembre éditeur inc.).
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Stéphane Migneault est psychologue, conférencier et auteur. Il possède plus de 20 ans d’expérience comme psychothérapeute. Il enseigne l’EMT (eye movement technique) à des professionnelles et professionnels de la santé mentale : psychologues, conseillères d’orientation, travailleuses sociales, psychoéducatrices, sexologues, médecins, psychothérapeutes, etc. À ce jour, il a formé plus de 1600 intervenantes et intervenants francophones et anglophones (Canada, France, Guadeloupe, etc.). Il a animé une conférence sur l’EMT dans le cadre du colloque de l’OCCOQ (2018) et du congrès Cannexus (2023). Dans un autre ordre d’idées, il est auteur de Sympathique : comment communiquer avec les 16 types de personnalité (Septembre éditeur inc.).